J’ai regardé Pillion et j’ai plein de trucs à dire je crois donc ça fait une page web ! Y aura du full spoiler dans la deuxième partie de cet article mais mon ressenti et avis est lisible même si vous l’avez pas vu. :)
J'ai beaucoup aimé ce film. J’ai pas forcément passé un bon moment devant, plein d’émotions un peu désagréables, incertitude, gène, sentiment d’injustice… contrebalancées par des c’est que le film marche !
La lumière m’a beaucoup plu et il y a des scènes très sexy, où on a un focus sur la dynamique plutôt que sur l’acte lui même ce qui marche très bien pour moi !
J'aime beaucoup la façon dont l’histoire et son contexte sont présentées, il n’y a pas de "cadrage" moral de ce qu'on nous montre - c'est presque descriptif - et pas d’introduction des concepts, comme si tout le monde connaissais les codes présentés. On nous montre des vieux kinksters à poil et gros puppy en cage de chasteté comme on montrerai quelqu’un qui poste une lettre, sans avoir à expliciter le principe de la poste.
On nous présente le BDSM comme faisant partie de la vie ordinaire (au moins de ses adeptes) et c’est très rafraîchissant, opposé à l’habituel cadrage d’un monde nouveau à explorer pour le spectateur.
Je m'attendais pas à ce que le film soit autant dans le réel, on vois des scènes au travail et en famille et comment la relation que vis Colin influe sur cette vie civile. Je trouve ça hyper important, en lien avec ce que je dis ci-dessus, et ça pose le sujet de ne pas pouvoir communiquer à notre entourage ce que sont nos relations D/s,ce qu'elles apportent et ce qu’elles représentent dans notre vie.
J’aurais eu très envie qu’on nous montre plus les autres couples D/s qui sont à l’arrière plan, je trouve qu’on a une très belle sélection de personnages et représentation d’une diversité des dynamiques et pratiques. C’est des kinksters bikers mais ils ont des ages, des styles, des corps, des kinks et des dynamiques variées. (tous blancs mais j’imagine que c’est représentatif de cette scène en Angleterre...)
Mon owner a regardé le film de son côté le même soir que moi et là où j’ai surtout ressenti de l’injustice elle était en colère, c’est proche mais avec de la nuance et on s’est appelé ensuite pour en parler, ça m’a donné encore plus envie d’écrire. C’est de l’analyse située et pas la vérité, le film fait super bien en sorte de ne pas donner lui même de jugement et nous laisse toute la place d’avoir nos propres analyses.
Ce film me paraît un bon support pour réfléchir et discuter de nos propres relations (D/s ou non, on peut y avoir les mêmes tensions et négociations), en tout cas il nous a tout deux bien fait cogiter)
J'ai eu du mal à organiser tout ce que j'ai a dire donc je vais aborder des sujets en suivant à peu près la chronologie du film, et en ajouter d'autres en vrac à la fin que j'aurais pas sû y intégrer.
On nous présente Colin à l'arrière de la voiture parentale, en route pour aller chanter dans un bar avec un quatuor tout aussi familial. Il n'est pas un canon de beauté et est timide et réservé avec l'homme avec qui sa mère a organisé un rencard. Surpris quand celui-ci lui propose de l'accompagner aux toilettes, il est au début de sa vie affective.
Il est présenté comme peu sur de lui, jeune et inexpérimenté, pas encore sorti de la cellule familiale, poussé à l'exploration par sa mère. Mais un peu curieux de lui même quand même. Il semble être dans un entre deux entre la connaissance de son homosexualité et la découverte de ce que celle-ci implique pour lui en terme d'attirances et de relations.
Ray n’est pas le seul à capter l'attention de Colin dans le bar. Il est attentif aux autres bikers, aux subs au sol, aux looks, a la fermeté d’un Dom sur son sub…
Il est clairement plus intéressé par eux que par son rencard. La totalité de l'échange qui nous est montré porte sur les bikers. Il n’a jamais été avec un biker mais semble se faire une vague idée de ce que ça peut impliquer, et ne réponds rien quand son date lui dit que les bikers ne sont "pas son style".
Je ne sais pas ce qui fais qu'on peut avant même ses premières relations affectives ou sexuelles se savoir attiré par le BDSM, mais je me reconnais fort dans cet intérêt évident et presque exclusif pour des relations intenses et codifiées. Je ne crois pas avoir déjà vu ça représenté au cinéma, et peut-être même pas dans un autre média. Le trope habituel étant le dominant dans la relation menant peu à peu quelqu'un qui n'a au mieux qu'un peu d'appréhension et d'excitation à une relation d'échange de pouvoir.
Le désir de Colin est pour non seulement Ray, qu'il a évidemment remarqué, mais pour l'univers qu'il entrevoit. Et ça change beaucoup de choses.
Après l'avoir ignoré lors de sa solicitation, Ray viens doubler Colin au bar, affirmé. Sans lui adresser la parole il lui indique de compter la monnaie, ce que Colin fais. Dès qu'il s'execute Ray prépare la note où il lui donne rendez-vous.
Je vois dans cette interaction un premier échange. Ray donne son intéret, réclame un service. En accedant à sa demande, Colin s'engage une première fois dans cette dynamique. Mon owner devant la même scène vois un test, pour voir à quel point Colin est vulnérable et se laisse faire sans broncher. Je ne suis pas d'accord et j'en parle plus dans le bloc suivant ^^
Le lendemain, lors de leurs rendez-vous dans une ruelle, il y a un vrai échange verbal, peut-être le seul de la relation. « What am I gonna do with you ? – Whatever you want... really. » suivi d’un jeu de pouvoir qui se conclu par une fellation a laquelle Colin prends part volontairement, même l'humiliation gênante de lêchage de bottes. C’est lui qui ensuite prends l’initiative de demander à se revoir, Ray semblant bloquer net cette possibilité.
On ne sais pas comment Colin a le numéro de Ray, ça me parait même assez incohérent mais soit. Il connais aussi le nom du chien donc on peut imaginer qu’une conversation à eu lieu hors champ. Quelques jours s’écoulent sans nouvelles et là aussi deux lectures, est-ce que Ray cède à l’insistance de Colin, ou est-ce qu’il le laisse mariner pour être sur qu’il ai bien mordu à l’hameçon ?
Je ne pense pas que Ray cherche une "victime" ou quelqu'un à "groomer", j'ai lu quelqu'un avec une interprétation comme quoi Ray pourrait se considérer comme un trainer (un éducateur / dresseur) et choisir uniquement des subs inexpérimentés pour les initier. C'est une lecture qui peut marcher mais pas celle que je choisis. ^^
Ray est expérimenté, il sais qu'il plait, il sais ce qu'il veut, et il veut s'assurer que c'est ce qu'il aura.
Ray est très explicite sur la relation qu'il propose, au contraire d'un "groomer" il ne flatte pas Colin, ne lui offre pas d'illusion sur leur relation, ne monte pas peu à peu en intensité, au contraire.
La première nuit chez Ray est un test clairement, Ray ordonne et il refuse d’accéder aux attentes de Colin (amorçage de discussion, clarification, place sur le canapé…). Colin bien que perturbé accepte tout ça, il n’a peut-être pas le choix loin du domicile en pleine nuit. Au petit dèj’ on apprends que Colin est vraisemblablement au courant du test : « What do I get if I pass ? ». La réponse a sa question c’est à nouveau le même type de dynamique que le soir de Noël, un jeu de pouvoir suivi de sexe (où il est systématiquement bottom).
Ce que je vois dans ces interractions, c'est des murs à franchir. Est-ce que l'intéret de Colin reste si sa réciprocité est conditionnée à sa servitude ? Est-ce qu'il fait demi tour face à un homme qui ne lui adresse pas un regard dans la rue ? A l'entrée d'une ruelle glauque ? Est-ce qu'il accepte les conditions qu'on lui donne ? Est-ce qu'il reviens le soir même malgré ce traitement ? Ray laisser la possibilité à Colin de ne pas s’engager, de ne pas aller au bout du test, de ne pas revenir.
Ce n’est pas suffisant et pas comme ça qu’on construit une relation équitable (si si je vous assure même en BDSM c’est le but) mais Colin n’est pas piégé dans cette relation. Selon des commentaires de kinksters plus agés c'est des dynamiques D/s qui étaient beaucoup plus courantes dans les années 70 à 90. Et j’ai connu l’exacte même modèle "voici la relation que je peux proposer, c'est à prendre où à laisser" dans des relations hétéro non BDSM, ça n’en est pas une exclusivité du tout.
Pillion nous montre une relation dysfonctionnelle, mais en arrière plan on a une sélections d’autres kinksters qui nous laissent voir la diversité de ces dynamiques, et surtout, voir des dynamiques qui semblent saines, notamment le seul autre couple nommé, Steve et Kevin (qui est formidable avec un Dom handicapé, merci beaucoup pour ça <3)
J'aurais adoré qu'on ai plus de scènes avec tout le groupe, qu'on vois plus leurs relations etc, mais encore une fois, ce n'est pas le même film.
Colin lui se retrouve mêlé à ce groupe dès le second soir chez Ray. On a aucune scène d'échange entre lui et les autres subs, il prends sa place par mimétisme. Dans la scène ou il arrive, fraichement tondu et collared il semble bien intégré et à l'aise avec le groupe, mais on remarque aussi que son focus est toujours sur Ray, il est dans le groupe parce que Ray y est mais pas connecté lui même aux autres membres du groupe. On le vois aussi lors de la disparition de Ray, Colin retourne les voir dans sa recherche de Ray, mais ne cherche auprès d'eux aucun réconfort ou lien.
On a discuté avec une amie de la responsabilités des autres kinksters dans la relation entre Ray et Colin. Colin arrive dans une relation et dans un monde dont il apprends les codes "sur le tas", il ne sais pas quels sont ses besoins ni comment les exprimer. Beaucoup de scènes ont lieu hors champs donc peut-être des introductions ont eu lieu, mais la seule interraction entre Colin et un des autres membres du groupe à lieu lors du week-end camping. Kevin et lui s'arrêtent sur une table et Kevin lui demande comment ça va, si lui et Ray ne s'embrassent jamais et si ça ne lui manque pas. Précisant que lui même ne pourrait pas ne pas embrasser son maitre. Colin coupe court aux interrogations, ne veux pas questionner la relation.
Le compliment que fait Kevin comme quoi il va bien avec Ray et il a de la chance peut effectivement contribuer à le coincer dans la relation. Mais il est fait après que Colin ai refusé le check up. C'est selon moi plutôt une scène qui illustre un refus de Colin de montrer la moindre faille dans leur relation, par déni, par peur de se rendre compte de ce qu'il lui manque ou par mimétisme de Ray ?
Le week-end est un moment clé du film où Colin tout à la fois touche à des éléments rêvés de la relation dans ce premier orgasme donné, est confronté à ce qu'il perçois comme de l'injustice de la part de Ray, et à la variété des relations et de leurs limites, lui permettant peut-être de commencer à l'imaginer autrement.
Ray propose un modèle de relation que Colin a le choix d’accepter ou non, il peut choisir cette dynamique avec Ray ou rien, pas de 3e choix, pas de négociation. C’est injuste et une situation trop commune dans des situation déséquilibré ou l’un-e souhaite la relation quitte à avoir des miettes, l’autre posant le cadre avec toutes ses attentes et limites sans aucune place au compromis ou a la négociation.
Des conversations ont lieu hors champ, est-ce qu’il y a eu discussion sur les tenants de la relation ou non à un moment ? C’est à nous de le décider. Que ce soit le cas où non, Colin souhaite une relation D/s et le ce choix On ou Off ne lui laisse pas la place de choisir si celle-ci lui conviens.
Dans la scène du piano le jour de l’anniversaire de Colin, Colin demande à ce que Ray rencontre ses parents, il demande si il peut persuader Ray d’accepter. Ray refuse cette négociation, ce n'est pas un des fontionnement de leur relation, ou alors le sujet n'est pas un sur lequel il souhaite céder.
Rencontrer la famille de saon Dom ou sub est un temps qui romps avec la dynamique, ce que l’on peut ne pas souhaiter. On peut imaginer une négociation sur effectivement « ça peut être mon cadeau d’anniversaire », ou bien céder autre chose en échange (un temps, une pratique, une faveur…) et ce que la demande vienne du Dom ou du sub !
Malgré le refus de Ray, la rencontre aura finalement lieu, il aura cédé ou accepté hors champ, et se passe… plutôt mal.
J'ai pas une énorme culture cinéma, mais j'ai l'impression d'avoir jamais vu cette facette du BDSM abordé ou si bien abordée.
Le BDSM, à moins d'évoluer à 100% dedans c'est le placard dans lequel on reste coincé, ça peut être une partie très importante de notre vie mais dont une minorité de notre entourage est conscient.
C'est un des éléments qui me fait le plus aimer ce film, dans une periode où je prends compte de cette tension chez moi.
Dans le film -sûrement comme dans nos vies- la friction entre les "deux vies" est ans les deux sens. La vie BDSM envahis la relation familiale , la vie familiale envahis la relation D/s avec l'insistance à rencontrer Ray et le jugement de la mère. Trouver un équilibre, concilier les deux n'est pas aisé, surtout lorsque la relation est permanente et strictement BDSM.
Dans la scène du dîner, c'est aussi une collision frontale entre deux figures d'autorité et de care, Ray et la mère de Colin, chacun défendant ce qu'iel estime être les besoin de Colin. Chacune tournant autour d'une définition du respect conforme à ses propres valeurs.
L'aftercare est un indispensable des interractions BDSM, une redescente pour chacun des participants, un moment de transition en douceur pour le corps et le mental, souvent aussi un moment pour débriefer de ce qu'on viens de vivre.
Ray semble un dom dur et exigent et il semble défaillant côté aftercare selon moi, bien que ces èpisodes puissent être hors champ, une élipse suis chacune des scène de sexe ou de jeu.
On vois le care et la complicité, le côté plus "doux" de la relation si on veut dans la courte scène de prises de mesures pour l'achat du cuir et collier de Colin, on imagine aussi celle du collaring (moment de mise de collier à son sub) et de la tonte. Le soir qui suis l'anniversaire on vois aussi une intension dans la surprise et le cupcake.
Un tournant dans la relation a lieu le jour des obsèques de la mère de Colin. Il a besoin d'accompagnement et d'attention que Ray lui refuse. Seul dans sa douleur Colin se brûle de façon au moins partiellement volontaire et s'effondre. A ce stade, enfin, Ray viens s'occuper de lui, il passe les mains brûlées sous l'eau, commande des pizza, offre une atmosphère plus détendue à base de "pizza jokes" et invite Colin à dormir avec lui.
La négociation est une part essentielle des relations D/s. C'est selon moi un de ses fonctionnement principal. On viens chacun chercher différentes choses dans cette relation et la négociation est là façon dont on en obtient chacun le maximum.
Trois scènes de négotiations rythment le film et illustrent bien le parcours de Colin.
Dans la première, (si on ne considère pas l'échange autour des chips comme en étant déjà une) Ray demande à Colin ce qu'il va faire de lui, Colin cède tout en faveur de l'attention de Ray.
La deuxième est la demande d'aller dîner chez ses parents. Il a un besoin suffisamment important pour lancer une négociation et demander quelque chose qui est hors du cadre de la relation.
La troisième a lieu après l'enterrement, Colin a goûté à un autre traitement, eu accès à Ray en tant qu'humain plutôt qu'en tant que maitre et de retour dans leur routine il constate ce que ses insatisfactions lui coutent. Il formalise ses besoins et demande un jour off par semaine mais essuie un refus de la négociation elle même. A nouveau, pour Ray, c'est à prendre où à laisser.
Ne pouvant pas dialoguer avec Ray, Colin viens tester les limites de lui même. Dans une attitude "brat" il viens se glisser dans le lit de Ray, dans son t-shirt, l'empêche de dormir et le provoque.
Des relations tolèrent la "bratiness". Elle peut être en elle même un jeu ou une forme de communication, venir se frotter aux limites de son Dom c'est une façon de tester la solidité de la relation, d'exprimer un inconfort, de négocier une conscession, ou d'obtenir de l'attention voire une punition.
Ici, c'est une rebellion, les besoins, les limites, de Colin ne sont pas respectées et l'exprimant il ne reçoit que de l'indifférence. Il viens chercher les limites de Ray et défaire sa facade stoïque. Il prends conscience de ses besoins et s'affirme, puis s'envole sur la moto chérie par son maitre.
Après la disparition de Ray, Colin le cherche longuement, puis défait de son collier démarre une nouvelle relation dont il négocie les attentes dès le départ, prêt à vivre sa dévotion sans s'oublier.
Ray est un inconnu comme l'exprime la mère, il a sa facade et ne laisse rien transparaitre de lui ou de son passé, si ce n'est le nom de ses chiennes tatoué sur son torse.
Lors du dernier jour de Ray et Colin, on le découvre joueur, complice, joyeux, comme on ne l'a pas vu jusque ici. Vulnérable pour la première fois. Même lors de la soirée pizza, il restait en charge et contrôle de la situation, ici il lâche prise.
Son regard blessé et peiné après le baiser confirme la théorie pour laquelle je penchais, Ray est terrorisé par l'intimité et l'attachement qu'il peut éprouver vis à vis d'un partenaire. Un amis suggérais que son précédent sub serais décédé, une rupture insurmontable ou une histoire familliale violente - puisqu'on ne lui connais aucun proche- me parait suffisante aussi pour refuser de risquer de souffrir de la perte de quelqu'un.
Ray disparait sans laisser d'adresse, abandonnant Colin et confirmant ce qu'il annonce dès le début du film, il ne reste pas longtemps au même endroit.
Au risque de faire des redites, j'avais envie de développer sur certains sujets du film, je pars peut-être encore plus dans des interprétations et anecdotes perso.
J’adore les parents de Colin, iels sont adorables. Peut-être un peu envahissants mais vraiment supportifs. Terriblement gênant lors de la première rencontre avec Ray x)
Mais ce n’est pas suffisant, si le père cherche à simplement accepter ce qui est dans la vie de Colin, sa mère a des idées de ce qui est bon pour lui ou non, et des attentes pour elle même de le voir heureux et le savoir sur une « bonne voie » avant de mourir.
La scène de l’anniversaire me brise le cœur. Y a un instant important sur lequel la relation empiète et les parents viennent se heurter à la relation. Mais la mère et moi sommes d’accord : Ray devrait prendre soin de Colin au moins sous certaines formes, pas forcément lui faire à manger, mais laisser la place de ne pas répondre au téléphone ou répondre à des attentes de tendresse ou proximité.
Il y a un contraste énorme entre la relation entre les parents et entre Ray et Colin, « your mom used to parade me like a prize cow » quand Colin ne peut pas intégrer Ray a sa vie sociale (quand Ray, lui, présente fièrement son sub dans sa communauté) et les deux scènes de piano parallèle, les parents qui chantent en duo, complice, et Ray qui joue avec Colin silencieux, refusant qu’il se joigne à la musique.
Ray est incapable d’intimité, son intimité est precieuse pour Colin et c'est un des enjeux de la relation. Il la vole (le regarder avec sa moto / dormir, le toucher en moto…) ou l’obtient dans leurs jeux (lutte, sexe…). On a de superbes images de ces instants volés, qui pour moi reflètent bien l'intensité qu'on peut trouver dans des détails dans ce type de relation.
Je suis très curieux de comment est perçu par des gens qui ne connaissent pas l'étiquette BDSM "old guard" qui est présentée ici. J'ai adoré qu'elle soit présente sans explication, le film n'est pas une visite guidée, ce n'est pas le BDSM et ses codes qui est le sujet, c'est une relation et les étapes qui la composent.
Le don du premier cuir est présenté jusque dans la prise de couture, la tonte et le collaring ont lieu hors champs. Ca peut sembler presque anecdotique alors que ce sont des étapes cruciales de la relation, presque cérémonielles.
La symbolique du collier rends le départ brutal de Ray en tant qu'abandon explicite, l'intensité des émotions qui la déclenchent avec. Comment ose-t-il ne pas prendre le temps de conclure cette relation lui qui a pourtant proposé à Colin d'en partir ?
J'aime bien le jeu avec le hors champs, on ne peut qu'imaginer le collaring de Colin, à nous d'imaginer son père avec une pince monseigneur. A moins qu'il ne se soit tourné vers les bikers ?
Il y a certaines scène que j'adore par leur capacité à mettre en valeur la dunamique plus que l'acte. Je ne suis pas très branché porn, les sexes en gros plan, les fluides et les va et viens ça ne me touche pas beaucoup. C'est vraiment ce qui se passe symboliquement et mentalement qui me plait le plus et sur ce point là on a quelques scènes terriblement sexy.
Ray maitrise très bien le teasing et la frustration notamment. Il y a un parallèle entre la soirée d'anniversaire, ou il déçois d'abord "tu n'espérais pas que je t'ai prévu un anniversaire", pour mieux surprendre dans la nuit, et la scène sur la table au camping, où il tease, déçois en se faisant sucer par Kevin, pour finalement revenir auprès d'un Colin d'autant plus engagé.
j'ai refusé certains colliers permanents parce que j'allais au taf en moto et que en cas d'accident un truc qui puisse pas être enlevé ou coupé facilement par les pompier ça peut faire une bonne différence sur comment tu en ressort et là tous les bikers ont des chaines ptt c moi qui overthink encore (non je pense de façon générale y a des trucs sur lesquelles je fais pas de concession dans ma vie BDSM)
La relation entre Ray et Colin est pas exactement ce que je cherche dans une relation D/s, genre les tâches ménagères c qqchose qui peut passer très exceptionnellement ou sur une négociation alors que là ça prends bcp de place.
Colin est pas supposé être un canon de beauté ok, mais voir un acteur avec des dents tordues c’est tellement rafraîchissant !
Le rencard du début du film est adorable, j’aurais aimé en voir plus aussi mais d’accord d’accord c’est pas le même film si Colin repars avec.
First half of Pillion is ultimate submission fantasy that says: what if a hot biker dom picks you up in a bar, you're really bad at sex but he likes that and gets you to do household tasks in a way that is sexually fullfilling. Second half of pillion is everyone around you saying your sexy biker dom is insane and bad at bdsm but you think you can fix him. Last 5 minutes of Pillion is the heartbreaking realization you can have both submission and agency and you can love someone who is bad for you
Analyse de l'imagerie de la nature / l'exterieur / le végétal dans l'iconographie du film (est-ce que j'utilise ces mots correctement ?)
A propos de la tension interne de Ray vis a vis de leur relation
also i love how the bike provides a sort of liminal space in which colin can hold and cuddle ray even thought that would be thoroughly violating the unspoken rules of the relationship in any other context
Retour sur Pillion et parallèles avec Box Hill le livre dont c'est l'adaptation.
Critique du film par 2 kinksters, la 2nde partie avec leur avis est particulièrement intéressante
Un youtuber reviens sur la réception de sa critique vidéo de Pillion et partage des commentaires qui ont fait changer son regard sur le film.